La Brute : La Renault Dauphine survoltée au cœur de Porsche

Dans un monde où chaque système semble conçu pour alléger nos décisions, des voitures qui se maintiennent seules entre les lignes aux réfrigérateurs qui commandent nos courses, il est rare de trouver une âme qui refuse ce confort. Justin Cashmore est de ceux-là. Sa réponse à cette uniformisation ? Une Renault Dauphine de 1960, baptisée « La Brute », un monstre routier sans direction assistée, sans freins assistés, sans antipatinage, mais avec un cœur battant de Porsche VR6 suralimenté.

La Brute : Un hommage à l’individualité

Justin Cashmore, l’homme derrière cette création audacieuse, exprime une philosophie simple mais profonde : l’unicité est la seule voie pour refléter véritablement sa personnalité à travers un objet. Construire une voiture pour quelqu’un d’autre implique toujours une légère perte dans la traduction, un peu comme si quelqu’un d’autre préparait votre sandwich – ce ne sera jamais exactement comme vous le souhaitez. Mais quand vous construisez pour vous-même, le résultat est une extension parfaite de vos désirs.

Des origines modestes à une transformation radicale

L’histoire de cette Renault Dauphine commence sur un marché en ligne. Justin a été attiré par l’esthétique singulière de la voiture, bien qu’il n’ait jamais vu de Dauphine poussée à un tel extrême. Ces petites voitures françaises étaient souvent des cruisers sympas pour les rassemblements, mais aucune n’avait été pensée pour des ailes super larges, un moteur puissant et une capacité à affronter la route avec une telle agressivité. En comparant les dimensions en ligne, Justin a eu une intuition : ce châssis pourrait accueillir ses ambitions.

La Dauphine d’origine était un véhicule utilitaire, conçu pour la France de l’après-guerre. Précurseur de la Dauphine, la 4CV était une voiture très simple, construite uniquement pour se déplacer en ville. La Dauphine, le « dauphin » ou « successeur » de la 4CV, est restée dans cette lignée : une voiture simple et utilitaire, propulsée par un minuscule moteur quatre cylindres de 848 cm³, d’abord avec une boîte à trois vitesses, puis à quatre. Des millions d’exemplaires ont été produits.

Celle de Justin a eu une vie moins glamour, passant des décennies dans le désert californien. Malgré le climat aride, elle était rouillée et son plancher était entièrement pourri. Mais c’est précisément ce passé qui lui a donné son caractère et sa résilience. « La Brute » est un nom parfait, car il signifie « la brute » ou « la laide » en français, un clin d’œil ironique à ses origines et à son aspect désormais imposant.

Le cœur de la bête : un Porsche VR6 suralimenté

Sous son allure de Dauphine, « La Brute » ne conserve presque rien d’origine. C’est un véritable châssis de course, rigide et sur mesure, qui abrite un moteur Volkswagen VR6 de 3,2 litres, suralimenté par un compresseur Vortex. Cette puissance est transmise par une boîte de vitesses manuelle Volkswagen à six rapports. Les suspensions sont également entièrement personnalisées. Les bras inférieurs et la partie inférieure des fusées, à l’avant comme à l’arrière, sont basés sur des composants de Volkswagen Mark 4, modifiés et adaptés. Les amortisseurs sont des combinés filetés arrière de Yamaha R1, re-ressortis pour s’adapter au poids léger de la voiture, offrant des réglages de compression et de détente, ainsi qu’une précharge du ressort. Ces composants, abordables et performants, étaient le choix idéal pour un véhicule aussi léger.

L’intérieur est tout aussi unique. Le poste de pilotage est à droite, un choix délibéré de Justin, inspiré par ses trois années passées au Japon. Le levier de vitesses, doté d’une poignée de guidon de moto, fonctionne à l’inverse des conventions, ajoutant au caractère singulier de la voiture. Chaque élément a été pensé pour la fonction et le ressenti, loin des fioritures modernes.

Une expérience de conduite sans compromis

Conduire « La Brute » est une expérience pure et sans filtre. Justin la décrit comme similaire à celle d’un kart : très viscérale, agressive et précise. Il n’y a pas de direction assistée, pas de freins assistés, pas d’antipatinage. C’est le conducteur qui est aux commandes, et rien d’autre. La voiture va là où vous la pointez, offrant une connexion brute et immédiate avec la route. Cette absence d’aides électroniques, si courante aujourd’hui, rend chaque trajet un défi et un plaisir intense.

Malgré sa puissance et son caractère rustique apparent, Justin a conçu chaque pièce pour être facile à entretenir. Il sait que la connaissance des points de faiblesse d’un véhicule est ce qui le rend fiable. En tant qu’amateur de Volkswagen refroidies par air, il est habitué à une certaine rusticité, mais il a veillé à ce que les éléments modernes intégrés soient suffisamment robustes pour garantir une bonne fiabilité. C’est une machine construite pour être conduite, pas seulement admirée.

Un projet contre le conformisme

Avec « La Brute », Justin Cashmore a créé bien plus qu’une simple voiture modifiée. Il a donné vie à un manifeste roulant contre le conformisme, une expression pure de sa passion pour la mécanique et la conduite. C’est un véhicule qui suscite l’étonnement et l’admiration, même chez ceux qui ne connaissent pas son histoire ou ses origines. Comme il le dit, c’est une voiture que « personne ne déteste », ce qui est très étrange pour un projet si radical. C’est peut-être parce que « La Brute » est l’incarnation de la liberté, de la créativité et du plaisir de rouler, des valeurs universellement appréciées.

Plongez dans l’univers de Justin Cashmore et de sa Renault Dauphine unique en regardant la vidéo :

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