Certaines passions naissent d’une étincelle, d’autres sont un héritage familial. Pour Jim Glass, la course automobile est une tradition profondément ancrée, une histoire qui a débuté bien avant qu’il n’ait le droit de conduire. « J’ai dû parler très gentiment à ma mère, car je n’avais même pas de permis de conduire », raconte-t-il avec un sourire. C’est ainsi qu’à seulement 14 ans, muni d’une autorisation parentale, Jim a fait ses premiers tours de piste, marquant le début d’une aventure qui allait durer plus d’un demi-siècle.
Les racines d’une passion familiale pour la course
Dans la famille Glass, à Kingston, New York, les week-ends rimaient avec courses. Le père de Jim et ses oncles étaient des figures habituées des pistes de terre, pilotant des dirt modifieds. Lorsque son père est passé à une catégorie plus rapide, sa vieille voiture est devenue celle de Jim. C’est dans ce contexte que Jim a forgé son amour pour la vitesse et la mécanique, une passion pure, sans artifice, où chaque virage et chaque accélération étaient une leçon de vie.
La découverte inattendue d’une légende : la 1967 Trans-Am Camaro
Alors que Jim envisageait de construire une voiture de course vintage pour la terre, le destin lui a souri sous la forme d’une suggestion d’un ami. « Non, non, je sais où se trouve cette Camaro », lui a-t-il dit. Cette 1967 Trans-Am Camaro était une véritable pièce d’histoire, ayant été pilotée par le légendaire Jocko Maggiacomo en 1972 avant d’être mise de côté, recouverte d’une couche de peinture blanche au pistolet et oubliée. Sous cette apparence négligée, la voiture cachait une survivante remarquable, un témoin préservé d’une époque glorieuse du sport automobile américain.
La restauration de cette Camaro a été un travail d’amour et de minutie. Jim a procédé à un sablage et un microbillage complets de la carrosserie, la ramenant à son état d’origine. Il savait qu’il détenait un trésor, un morceau de l’histoire de la Trans-Am. L’un des points d’orgue de cette renaissance fut la découverte d’un moteur original DZ302, un bloc petit mais puissant de 302 pouces cubes (environ 4,9 litres), spécialement conçu par GM pour la série Trans-Am afin de respecter la limite de cylindrée de 5 litres. Ce moteur, avec ses culasses à gros passages et son vilebrequin forgé, était le cœur battant de ces bêtes de course, capable de monter très haut dans les tours.
La série Trans-Am : l’âge d’or des muscle cars sur piste
La série Trans-Am, lancée en 1966, a marqué un tournant dans la course automobile américaine. Elle mettait en compétition des versions modifiées de voitures de production populaires comme la Ford Mustang, la Chevrolet Camaro, la Plymouth Barracuda, l’AMC Javelin et la Dodge Challenger. Ce qui rendait cette série si spéciale, c’était la proximité entre les voitures de course et les modèles de série. Hormis quelques modifications de sécurité et des ajustements de performance, les voitures étaient très proches de ce que l’on pouvait trouver en concession. Cela créait un lien fort avec le public : si vous possédiez une Mustang ou une Camaro, vous pouviez vous identifier directement aux voitures sur la piste.
La popularité de la Trans-Am a explosé, attirant des foules immenses à chaque événement. Les courses étaient intenses, avec des pilotes comme Dan Gurney et Mark Donohue repoussant les limites. L’esprit de compétition était tel que certains concurrents n’hésitaient pas à « plier » les règles, comme en témoignent les techniques d’acid-dipping des carrosseries pour réduire le poids, une pratique finalement démasquée. Mais au-delà des astuces, c’était un spectacle brut et passionnant, où des voitures de 3000 livres glissaient dans les virages, un pur régal pour les yeux.
L’héritage de Jocko Maggiacomo et la renaissance de la Camaro
La 1967 Trans-Am Camaro de Jim Glass a une histoire particulière avec Jocko Maggiacomo. Jocko a non seulement piloté cette voiture en 1972, mais il est aussi devenu le champion Trans-Am en 1976. Jim et Jocko se connaissaient bien, ayant même collaboré sur la construction d’une réplique Cobra. Cette relation a été précieuse lors de la restauration, Jocko partageant ses connaissances sur le réglage de la voiture, les rapports de boîte ou les transmissions optimales.
Le plus beau clin d’œil à cette histoire fut le retour de Jocko, quarante ans après son premier passage, pour lettrer à nouveau la Camaro restaurée de Jim. Une touche personnelle, un lien vivant avec le passé glorieux de la voiture et de son pilote, qui rend cette 1967 Trans-Am Camaro encore plus unique. La voiture de Jim n’a jamais parcouru plus de 50 miles de Kingston, New York, restant fidèle à ses origines locales.
L’expérience de pilotage : brute et authentique
Conduire cette 1967 Trans-Am Camaro est une expérience à l’ancienne. « C’est une sensation au cul-de-siège », explique Jim. Pas de freins assistés, pas de direction assistée. Chaque action demande un effort, chaque virage est ressenti intensément. C’est une voiture qui exige d’être pilotée, où le pilote fait corps avec la machine, sans l’aide des technologies modernes. Cette authenticité est précisément ce qui plaît à Jim, lui rappelant les sensations pures de ses débuts.
Jim Glass est un habitué de Lime Rock Park, qu’il considère comme l’un de ses circuits préférés. L’ambiance, les paysages, les gens, tout contribue à faire de ce lieu un endroit spécial pour lui. Il s’apprête d’ailleurs à participer à son 25ème Fall Festival, preuve d’une fidélité inébranlable à ce circuit et à sa passion. La 1967 Trans-Am Camaro de Jim Glass n’est pas seulement une voiture de course, c’est une machine à voyager dans le temps, un pont entre le passé glorieux de la course automobile et le présent, animée par un homme dont la passion est aussi intemporelle que sa voiture.
Pour plonger au cœur de cette histoire et ressentir la puissance de cette Camaro, découvrez la vidéo :